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Haïti - Canada : L’expulsion improbable de «Ti-Pon» en Haïti
08/06/2010 13:40:33

Bernard Mathieu dit «Ti-Pon» était connu des policiers pour son appartenance à des gangs de rue depuis l'âge de 18 ans. Il a été condamné pour gangstérisme et trafic de stupéfiant en février 2007 à 10 ans de réclusion, suite à une longue enquête de la police de Montréal sur le gang de la rue Pelletier. Selon la police, c’est Ti-Pon qui organisait le plus gros de l’importation de cocaïne à partir d’Haït. Il purge actuellement une peine de 10 ans de prison au centre pénitencier de Rivière-des-Prairies.

Hier, le Gouvernement Canadien a annoncé son intention d'expulser Bernard «Ti-Pon» vers son pays d'origine (Haïti). Me Stéphane Handfield son avocat a aussitôt annoncé qu'il ferait appel de cette décision.

Toutefois, Ti-Pon ne risque pas de se retrouver de sitôt en Haïti, le Gouvernement Canadien ayant suspendu de manière temporaire tous les renvois de criminels vers Haïti en raison séisme de janvier dernier.

Le gouvernement du Canada n’avait pas d’autre choix, au terme de la loi, de prononcer cette expulsion. Toutefois, il plus qu’improbable que celle-ci soit exécutée. Le Canada est un des importants pays donateur et fournisseur d’aide humanitaire à Haïti, il siègera sur la CIRH et il sait très bien que les infrastructures carcérales en Haïti ont été fortement endommagées, que la violence et les gangs sont en hausse, et que le manque d’effectifs policiers et de moyens sur le terrain contribuent à cette improbable expulsion.

Renvoyer Ti-Pon aurait des conséquences négatives incalculable sur l’image du Canada pendant de nombreuses année. Ti-Pon est devenu, pour le Canada, un élément sensible dans les enjeux économico-politico-humanitaire qui entourent Haïti,

Que va-t-il se passer maintenant? Ti-Pon doit purger encore 75 mois de sa peine de prison au Canada et même s’il est éligible à la libération conditionnelle (en tenant compte des années de prisons déjà effectuées), parions que la commission des libérations conditionnelles qui doit se prononcer sur son cas le mois prochain, n’accordera pas cette libération conditionnelle (la justice même au Canada n'étant pas aussi indépendante quand il s'agit de raison d'État). S’ensuivra probablement d’autres recours légaux mais le résultat final c’est que Ti-Pon devrait rester au Canada pendant encore de nombreuses années.

HL/ HaïtiLibre



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